C’est guidé par nos amis Camille et Yui que nous avons poussé la porte de cet atelier, niché entre les quartiers du Mourillon et du Cap Brun à Toulon. Un trésor caché, connu des seuls initiés.

C’est une institution marseillaise vieille de 190 ans. Un lieu hors du temps, dont le charme échappe à toutes les recettes des concepts stores. Qu’on y pénètre avec une envie précise ou par pure curiosité, il est difficile d’en ressortir les mains vides. La Maison Empereur, reine des quincailleries, nous ouvre ses portes.

Pierre Dutertre aime arriver tôt le matin dans son atelier, s’asseoir devant son tour et s’interroger sur ce que la journée va apporter. « Que vais je faire aujourd’hui ? » est son mantra quotidien. Aucune anxiété cependant dans ce questionnement. L’idée, l’envie vont cheminer et s’imprimer dans le grès, au fil des émotions de cet homme chaleureux, qui aime recevoir, partager et parler de la terre.

Nous nous sommes rendues à Marseille pour rencontrer Karine Parra, créatrice de la marque de sandales Massalia. Nous n’aurions pu rêver une introduction plus parfaite à nos déambulations marseillaises que cette rencontre, tant Karine et son travail, incarnent ce mélange entre la cité et la nature, entre les traditions et la modernité, entre l’ici et l’ailleurs que représentent cette ville bouillonnante.

C’est sur les hauteurs de Hyères, au cœur du Parc Saint Bernard, dans l’ancienne maison de jardinier de Charles et Marie-Laure de Noailles, que nous rencontrons Antoine Boudin. Un lieu de travail qui sied parfaitement au designer, lauréat en 2009 du grand prix du jury décerné par la Villa Noailles pour son festival Design Parade. Un cadre parfait, abrité par une épaisse végétation qui surplombe la ville et offre une vue à couper le souffle sur les marais salants et la plage de l’Almanarre.


Whole, manufacture de teintures naturelles

Avec Whole, Aurélia Wolff a imaginé un espace de création et d’expérimentation colorielle, écologique et artisanal, appliqué à l’art de vivre et à la décoration. Elle y intègre aussi bien un travail sur des textiles naturels tissés ou tricotés en France que sur la teinture végétale, qu’elle décline en une palette douce et poudrée.

Bruce Cecere : Iron Man

C’est chez Monsieur, atelier artisanal de bijouterie parisien fondé par Nadia Azoug, que nous avions remarqué ses réalisations: des vitrines imaginées ensemble et mises en œuvre par lui. Ses écrins délicats de laiton et de verre, qui abritaient les bijoux aériens de Nadia, y créaient une atmosphère de boudoir raffiné.

Edito #2 Fil Conducteur

Le 10 Novembre dernier nous avons présenté dans le cadre exceptionnel de La Villa Rose à Paris la première collaboration produite par The Artisans, qui réunissait l'artiste textile Meghan Shimek et la designer textile Anaïs Guery. Retour sur cette rencontre riche dont sont nées six œuvres uniques.

Laurence Le Constant, artiste et plumassière

C’est grâce à Philipe Atienza, avec lequel elle a collaboré à la réalisation de souliers fantastiques pour la maison Massaro, que nous avons fait la connaissance d’une alchimiste. Laurence Le Constant ne transforme pas le plomb en or, mais donne vie à l’inanimé et du poids aux plumes dont elle pare ses chimères.

Husbands, costumes pour hommes

Libérer l’homme grâce au costume. Lui permettre d’affirmer sa personnalité et de se réapproprier son vestiaire en endossant un complet. Cela peut paraître une gageure, mais quand on rencontre Nicolas Gabard, créateur de la marque de costumes Husbands, on comprend comment le vêtement masculin le plus traditionnel peut s’ériger en élément de lutte culturelle et politique.

Philippe Atienza, bottier : En pleine lumière

Le lieu est vaste. Une haute voute de pierre de taille et de briques roses, baignée de lumière. C’est dans cet espace du viaduc des Arts, qu’il investit peu à peu que Philippe Atienza bottier, reçoit.

Fiber Art : Le fil comme métaphore

Par nos rencontres avec des artisans et artistes textiles, tels que Meghan Shimek, nous avons découvert une variété de pratiques autour du fil. Nous avons souhaité ici vous livrer notre approche d’un art foisonnant depuis la seconde moitié du XXème siècle, à la frontière de l’art et de l’artisanat.

Anaïs Guery, au fil de l’indigo

Anaïs Guery, c’est d’abord une présence forte et une beauté saisissante. Le feu pâle de sa longue chevelure, son regard droit ; son allure hiératique entre Orient et Renaissance flamande dans sa veste bleue matelassée, ceinturée haut sur la taille lui confèrent une élégance folle, hors du temps. Sa voix au timbre posé et un peu trainant, ses gestes déliés finissent de séduire.

Meghan Shimek, Fiber Artiste : Féminin Singulier

Meghan est libre comme l’écheveau soyeux de laine cardée qui s’anime entre ses doigts. C’est de cette liberté qu’a émergé un travail sensible, fort et sensuel, qui se démarque véritablement dans le paysage contemporain.

Distillerie de Paris

C’est l’odeur d’abord qui saisit. Quelque chose d’herbacé qui rappelle l’artichaut, le foin humide aussi. C’est dans la cuve que ça se passe, sous nos pieds, à fond de cale un homme s’affaire et mélange un bouillon fumant, une bière lourde et mousseuse.

Edito#1 Tous artisans

Fabriquer de ses mains. Laisser libre cours à sa créativité. Apprendre pas à pas, s’initier avec d’autres, partager des savoir-faire et renouer un échange et un dialogue perdus.
Rentrer dans un état quasi méditatif en se laissant porter par la répétition des gestes et la lenteur nécessaire. Voir la matière s’animer, prendre vie sous ses doigts et l’objet émerger.

Magie bleue

Évoquer l’indigo, c’est faire s’animer dans notre esprit des images enchevêtrées d’Orient, d’Afrique et d’Occident. Sa magie s’est opérée auprès de tant de peuples et dans des usages si variés, du plus raffiné au plus quotidien, que sa teinte si particulière recèle auprès de chacun un pouvoir d’évocation fort. Il aura donné leur nom aux hommes bleus des Djebels africains, mais aussi la teinte inimitable de la toile sergée de Nîmes, devenue uniforme indémodable grâce à la ruée vers l’or américaine et à un certain Levi Strauss.

Les volutes bleues indigo d’Aboubakar Fofana

Nos expérimentations avec l’indigo ici et là nous avaient fait graviter autour d’Aboubakar Fofana. Son travail était devenu pour nous incontournable et son compte Instagram nous offrait chaque jour des démonstrations de plus en plus éclatantes de son savoir-faire subtil. Il restait cependant insaisissable, happé sans doute par les workshops qu’il dispensait d’Australie à la Californie, sans relâche.

Blitz Motorcycles : The wild two

« Pour vivre heureux, vivons cachés », une devise qu’ils auraient pu faire leur. Tel un speakeasy sorti de la prohibition, leur antre s’offre comme couverture la façade parfaitement anodine d’un immeuble de parkings comme il en existe tant dans Paris. Mais ce que ces deux là trafiquent est bien plus enivrant que le rhum d’un quelconque bootlegger. Ils dealent de la poudre d’escampette sur deux roues.

Memphis Blues

« Pour vivre heureux, vivons cachés », une devise qu’ils auraient pu faire leur. Tel un speakeasy sorti de la prohibition, leur antre s’offre comme couverture la façade parfaitement anodine d’un immeuble de parkings comme il en existe tant dans Paris. Mais ce que ces deux là trafiquent est bien plus enivrant que le rhum d’un quelconque bootlegger. Ils dealent de la poudre d’escampette sur deux roues.