Tous les articles par Images Julie Berranger, Mots Hélène Borderie

Les chapeaux oniriques de Sofya Samareva

On la voit passer et disparaître dans les jardins depuis deux jours.

Longue liane à l’austère robe colonne noire, coiffée d’un couvre chef rouge évoquant autant un objet familier que le végétal. Sofya Samareva promène sa silhouette hiératique dans la Villa Noailles. Something unreal in the real world, pour paraphraser le titre de la collection d’accessoires qu’elle présente au 32ème Festival International de la Mode et de la Photographie de Hyères.

Intriguées, nous la suivons. Le sourcil levé et l’œil scrutateur, elle accepte de se plier à l’exercice de l’entretien et de répondre à nos questions autour d’un café.

Depuis 2014 elle explore au travers du chapeau, toujours en feutre de poils de lapin moulé à la vapeur, des formes familières déclinées dans des couleurs primaires saturées. Une évocation du quotidien qui fait irruption de façon incongrue et se dérobe. Gâteau en jelly ou colonne dorique grecque ? Cactus ou presse agrume ? Maison ou chapeau quatre bosses de scout ? Dans un va et vient surréaliste, les associations d’idées se succèdent et les objets s’emboitant sur les crânes viennent dynamiser la silhouette.

Sofia Samareva a étudié l’Art à Prague et ses influences viennent plus de l’art que de la mode ou du design. Elle cite les « peintures – objets » et les sculptures d’Agostino Bonalumi et le travail de l’artiste graveur française Annie Bocel, notamment ses œuvres réalisées par la technique de gaufrage. Des approches sensibles ou la matière vient épouser des formes imaginaires et modeler le vide. Une absence de l’objet, sur laquelle le spectateur projette son imaginaire.

Pour réaliser ses créations oniriques et attachantes, Sofya Samareva met en œuvre les techniques traditionnelles en chapellerie de moulage sur des formes en bois et de pressage à la vapeur des cloches en feutre, dans une combinaison audacieuse et novatrice. A découvrir jusqu’au 28 Mai à la Villa Noailles.

Exposition Katherine Oh : Le plus vaillant de ces héros s’enfuira, tout nu, ce jour là

Reprenant une citation issue de l’ancien testament (Amos 2 :16) la peintre Katherine Oh place sa dernière exposition sous le signe de nos ambivalences.

Dans leurs variations subtiles, ses tableaux, écrans déclinant des cieux changeants ou parfois les nuages s’amoncèlent, reflètent la nature humaine instable, porteuse simultanément du meilleur comme du pire.

Un travail à découvrir à la Galerie Mansart du 12 Mai au 11 Juin 2017.

Galerie Mansart

5, Rue Payenne

75003 Paris

Du mercredi au dimanche de 13h à 19h

 

 

Objet du désir : Lampadaire Moon

Avec ses lignes tendues, ses matières brutes et son câblage apparent, le lampadaire Moon diffuse une esthétique industrielle, doucement tempérée par le traitement de ses finitions, la légèreté de ses articulations et des éléments composant les abats jour et les contrepoids. Ses lampes satellites, fines feuilles de laiton perforé doré en bain ou de laiton cuivré verni mat plié, se posent délicatement sur l’acier huilé au toucher soyeux de ses axes.

Le Ferronnier d’Art Bruce Cecere et le Designer Samuel Accoceberry ont travaillé de concert, apportant à cet objet collaboratif des éléments uniques issus de leurs univers respectifs. S’éloignant d’une approche trop conceptuelle, ils ont tous deux réalisé un objet usuel élégant, alliant parfaitement le travail de forge et de ferronnerie d’Art maitrisés par l’artisan, au style rythmé et graphique du designer, qui jouent ici ensemble avec la plasticité du métal.

Cette collaboration riche est née dans le cadre de Peri’Fabrique, programme de co-création organisé dans le cadre des DDays, avec le soutien de la Fondation Bettencourt-Schueller et d’Est Ensemble Grand Paris. Le choix du designer incombe ici à l’artisan et non l’inverse, provoquant un dialogue nourri et des échanges propices à l’innovation.

Pour cette création, le duo a reçu une bourse d’accompagnement en 2016, ce qui leur vaut aujourd’hui d’être exposés sur le stand de Peri’Fabrique à la Biennale Révélations. Le lampadaire Moon est par ailleurs désormais édité par SAS Edition.

Hyères : 32ème festival de la mode et de la photo sous le signe de l’accessoire

Le Festival International de la Mode et de la Photographie de Hyères propose pour sa 32ème édition un nouveau prix, celui de l’accessoire.Tout l’esprit du festival est dans cette sélection de jeunes gens aux parcours variés et éclectiques, aux styles très différents et tous radicaux.

Cette initiative perpétue la vocation de ce lieu hors normes qu’est la Villa Noailles, édifié par les grands mécènes Charles et Marie-Laure de Noailles, qui y ont accueilli la fine fleur de l’avant garde artistique de l’entre deux guerres. Cet endroit unique, conçu par Mallet Stevens a été ressuscité sous l’impulsion de son directeur, Jean-Pierre Blanc et est devenu une institution audacieuse et ouverte à tous qui découvre et valorise de nouvelles générations de créateurs dans la mode, la photo et le design.

Porté depuis 32 ans par Jean-Pierre Blanc, qui l’a fait naitre, le Festival de Mode et de Photographie de Hyères met en lumière des jeunes qui repoussent les limites, font des propositions radicalement novatrices et ont souvent un parcours hors norme qui les ferait passer sous les radars de têtes chercheuse d’une industrie pourtant avide de se renouveler. La force de ce festival réside aussi dans sa capacité à réunir au sein des ses jurys et de ses partenaires, des acteurs incontournables du secteur.

Depuis sa création, le festival a récompensé, en mode le travail de Viktor & Rolf, Gaspard Yurkievich, Felipe Oliveira Baptista, Anthony Vaccarello, Julien Dossena, Yiqing Yin, Léa Peckre, Satu Maaranen, parmi tant d’autres. En photographie parmi les lauréats les plus prestigieux on trouve les noms de Solve Sundsbo, Vava Ribeiro, Erwan Frotin, Joël Tettamanti, Charles Fréger, Grégoire Alexandre, Camille Vivier, Franco Musso & Luciana Val, Thomas Mailaender. Les partenaires depuis Chanel jusqu’à LVMH en passant par Swarowski ou Kering, trouvent dans cette sélection pointue, les jeunes pousses qui pourront revivifier leurs maisons.

Cette décision de décerner désormais un prix pour la création d’accessoires, un secteur ou l’offre est devenue essentielle pour les maisons de luxe, tirées par ce moteur désormais plus efficace que celui du prêt à porter, sonne comme un appel au renouveau et à un regain de créativité.

Le chausseur Pierre Hardy préside ce jury, qui a sélectionné dix profils de jeunes créateurs proposant des bijoux, de la maroquinerie et des sacs, des souliers, des chapeaux et des lunettes. Venus de la mode, de la joaillerie, du design, ils cherchent à repousser les limites de leurs envies créatives en combinant techniques artisanales traditionnelles et techniques d’avant garde. Des propositions très personnelles et conceptuelles, terrain de recherche, s’articulent à des développements plus commerciaux. Qu’il s’agisse par exemple de mouler des chapeaux en feutre sculpturaux pour Sofya Samareva, de créer des placages de bois uniques pour Thibaut Rodde et Sandrine Pachecus, de combiner des cristaux Swarowski à du polyamide dans des manchettes graphiques pour Christophe Lhote, de modeler des pièces de joaillerie pour Emma Montague. Les créateurs sélectionnés sont allés à la recherche de partenaires artisans pour réaliser leurs pièces ou ont apporté un regard neuf sur une technique traditionnelle. C’est ce qui nous a intéressées dans cette sélection. Nous vous proposerons dans les semaines à venir un focus sur le travail de sept des finalistes.

Le potager enchanté de Faustine Durand

« One radish a day keeps the doctor away », c’est la devise pas si loufoque de Gary le radis, un des personnages délirants du potager bio crée par Faustine Durand pour sa marque Myum. Alors que fraichement diplômée des Beaux Arts de Paris elle poursuivait ses études à la National Fine Arts University de Tokyo, Faustine a commencé à créer au crochet les premiers exemplaires de l’univers des Myum, qui seront très vite repérés par la boutique Colette à Paris.

Ces fruits et légumes sympathiques donnent enfin le droit aux enfants de jouer avec leur nourriture. Mais pas n’importe laquelle. Faustine est partie du constat que la malbouffe, qui commence dans les petits pots industriels aux contenus informes et opaques, était un fléau qu’il fallait combattre dès le berceau.

Armée de son crochet et de ses fils de coton bio les plus soyeux et chamarrés elle a décidé de créer une galerie de personnages végétaux destinés à devenir les doudous des tout petits, les habituant ainsi à « jouer avec la nature ».

Entre le jardin des fleurs vivantes du Alice de Lewis Caroll et les adorables Amigurumis japonais, Faustine a crée un petit univers de fruits et légumes militants de la cause végétale. Des primeurs rigolards, à l’humour potache, portant tous des noms composés de jeux de mots improbables et amusants. Une vraie famille qui se décline en petits hochets, en doudous réversibles, pour comprendre qu’avant le fruit ou le légume, il y avait une fleur, en boites à musique qui vous encouragent à littéralement leur tirer la langue pour jouer leur air et en plein d’autre petits accessoires, dont des abeilles vibrantes et bourdonnantes.

Chaque personnage demande un travail d’une grande délicatesse et ne peut être réalisé que par des mains expertes. Tous les prototypes sont crochetés par Faustine elle même et pour ses productions, qui restent des toutes petites séries, elle fait appel à des ateliers en commerce équitable en Asie et en Amérique Centrale. Les matières utilisées sont du coton biologique pour le fil extérieur et de la fleur de coton bio pour les rembourrages. Don’t panic, it’s organic !

Les Myum ne vous racontent pas de salades, ils donnent vraiment envie de tous les croquer. Are you radish ?

Atelier Turco, Staffeur ornemaniste

C’est guidé par nos amis Camille et Yui, fondateurs de la boutique Maison Godillot, que nous avons poussé la porte de cet atelier, niché entre les quartiers du Mourillon et du Cap Brun à Toulon. Un trésor caché, connu des seuls initiés.

Une fois passé la petite porte vitrée dont un sticker « Merci de votre visite » vous salue de façon doucement anachronique, le blanc est roi. Le temps s’est figé, pris dans le plâtre qui a tout recouvert d’un voile poudreux, strate après strate, moulage après moulage. Les immenses tables de travail, les éviers profonds, le sol de pierre. Penser que si l’on grattait pour atteindre la couche première, le début de l’histoire, on toucherait du doigt un mélange préparé 137 ans plus tôt. On se sent privilégié, comme invité à fureter dans la réserve d’un musée, ou l’atelier d’un grand sculpteur. Mais les outils rutilants, soigneusement alignés, nous rappellent qu’ici on travaille encore.

Monsieur Turco Père,  jeune homme alerte de 87 ans, feuillette avec nous les registres de l’entreprise fondée par son grand père en 1880. Il les conserve soigneusement dans son bureau, qui tient autant du cabinet de curiosité que du lieu de travail. Les commandes s’égrènent au fil de l’écriture à la plume fine et régulière et l’on suit la saga familiale, depuis Jean-Baptiste, l’aïeul, tout jeune homme venu exposer son savoir-faire à la Galerie du Travail à Paris pour l’Exposition Universelle de 1878, jusqu’à Jean-Baptiste, le petit fils, qui perpétue l’œuvre familial et réalise de nombreux chantiers de rénovation.

Seul le saut de quatre années dans la datation des factures, entre 1914 et 1918 laisse deviner le vide laissé par le départ au front du père de Monsieur Turco. Cinq générations dans les mêmes murs, perpétuant les mêmes gestes. Bien sur le silicone a bien remplacé peu à peu la gélatine des moules, mais pour le reste la filasse de chanvre et de lin sert toujours d’armature à tous les moulages et le plâtre fin est toujours dilué avec l’eau du puits de la cour au Ph idéal. Le travail du sculpteur sert toujours de base aux moulages.

Pas besoin de catalogue, tout est la, accroché aux murs gigantesques, posé sur des étagères, suspendu au plafond : des bas reliefs, des frises, des vasques, des bustes des rosaces. Dans un vaisselier des Mariannes de différentes périodes s’alignent, côtoyant des vestiges du premier Empire; sur une table, trois masques mortuaires de Bonaparte, réalisés à partir d’un exemplaire confié, nous indique Monsieur Turco, par un Corse à son grand-père à la fin du 19ème siècle. Les décennies se côtoient, des ornements cossus de la belle époque, aux formes géométriques de l’art déco et des années 50. Rien de contemporain cependant dans cet inventaire.

Monsieur Turco le déplore un peu et nous explique que les architectes ont cessé de s’intéresser pour leurs créations aux formidables capacités ornementales du plâtre et que l’indétrônable Placo a remplacé les magnifiques plafonds moulés dans les années 70. Amusé, il nous montre cependant cet exemplaire dédicacé d’un livre de photos, qu’un architecte local lui a adressé l’an dernier. Un certain Rudy Ricciotti, dont son petit fils Jean-Baptiste lui a confirmé la grande renommée. Peu importe qu’il ne le connaisse pas, Monsieur Turco trouve cela de plutôt bon augure. Peut être des nouvelles créations, de nouveaux modèles commandés par de jeunes architectes viendront bientôt rejoindre la fantastique collection des établissements Turco.

Atelier Turco

495, Avenue de la Résistance

83000 Toulon

04 94 41 31 43

turcostaff@free.fr

https://www.facebook.com/TurcoStaff/

 

Objet du désir : Indefinite Vases de studio E.o

Fondé par le designer Erik Olovsson et situé à Stockholm, le studio E.o est un lieu pluridisciplinaire explorant l’objet, le graphisme, la typographie et la photo.

De ce creuset a émergé récemment une série de vases à la frontière entre la sculpture et l’objet usuel, Indefinite Vases.

Des matériaux transparents ou opaques, colorés ou neutres, semblent se liquéfier et se couler dans des formes anguleuses minérales. Le verre soufflé se fond au marbre, à l’onyx, au granit, pour mieux l’épouser. Un mélange de fragilité et de dureté, pour accueillir le végétal ou simplement se suffire à soi même.

Ces pièces uniques sont en vente auprès de la Galerie Kreo

Crédit photo Gustav Almestål

Pierre Dutertre, terre sensible

Pierre Dutertre aime arriver tôt le matin dans son atelier, s’asseoir devant son tour et s’interroger sur ce que la journée va apporter. « Que vais je faire aujourd’hui ? » est son mantra quotidien. Aucune anxiété cependant dans ce questionnement. L’idée, l’envie vont cheminer et s’imprimer dans le grès, au fil des émotions de cet homme chaleureux, qui aime recevoir, partager et parler de la terre.

Pierre est potier. Il tourne toutes ses pièces et n’utilise pas le moulage, même pour réaliser ses grands panneaux et tuiles qui ornent les murs de la boutique attenante à l’atelier. Le dessin est présent à tous les stades de son travail. Pour déterminer les volumes des pièces, pour les orner aussi. Des volutes, des liens qui se nouent et se défont, des silhouettes, des ombres en transhumance qui traversent de grands plats. On ressent les influences de ses voyages en Asie. Les couleurs sourdes de ses émaux vibrent. Cet ocre, ce cobalt, ce trait qui fait parfois penser à une calligraphie. Une influence qui se mélange harmonieusement à cette terre du sud, qui est celle de son enfance. A la chaleur d’ici. Son travail crée l’émotion, invite à la narration, et Pierre Dutertre est un très bon conteur.

Après nous avoir servi un café fumant, dans un de ses bols, il nous embarque dans un récit aux origines de la céramique, dans ses formes les plus anciennes, les plus brutes. Un  « âge de terre », ou au delà de l’aspect utilitaire, la céramique représente le vivant et le sacré. Il nous entraine dans un exposé fascinant, décrivant les évolutions techniques et artistiques au fil des siècles. Ce savoir, il aime à le partager de façon sensible. Montrer comment tout ce travail s’inscrit dans une filiation si ancienne, qu’il s’applique à patiemment transmettre.

Il a co-fondé et préside Le Printemps des Potiers à Bandol qui depuis trente ans réunit pendant une semaine céramistes et amateurs, autour d’un marché, mais aussi de rencontres, de débats d’ateliers, pour partager ensemble la passion de la céramique.

Il faut rendre visite à ce passeur, membre des Ateliers d’Art de France, dans son atelier varois, qu’il partage avec la céramiste Stéphanie Gamby (dont nous vous parlerons prochainement) et découvrir ses poteries sensibles. Le très joli site Maison Godillot propose aussi une sélection de ses créations, pour ceux qui ne pourraient faire le voyage.

 

1979, route de Sanary
83190 OLLIOULES (Var)

Téléphone : 04 94 63 04 64

Adresse Mail : poterie.dutertre@wanadoo.fr

Objet du désir : Des petits pieds en Massalia

Massalia a lancé cette saison une collection enfants commençant à la taille 25, qui reprend les codes minimalistes élégants des lignes femmes de la marque.
Du beau cuir au tannage végétal, des finitions toutes simples et soignées, un classique estival qu’on aime beaucoup sur les petits pieds.

A retrouver sur la boutique en ligne Massalia.

 

Déjeuner vegan chez Happy Souls Garden

 

Quand nous avons pris rendez-vous avec les Happy Souls Garden, Charlie nous à immédiatement invitées à partager ensemble le déjeuner. Une première depuis que nous avons commencé ces portraits artisans. On allait cuisiner pour nous. Nous nous sommes évidemment empressées d’accepter, notre gourmandise n’ayant d’égal que notre curiosité.

Ce moment de convivialité, dans la chaleur de la cuisine baignée de soleil au cœur de l’hiver, sous l’œil des chats alanguis  nous a ravies. Une parenthèse toute simple, autour d’un repas inspiré par la méditerranée, mêlant les pois chiches, l’huile d’olive et les olives noires. Des produits sains, des recettes totalement vegan et le délicieux houmous très aillé, préparé par Jean-Marc pour accompagner le cake de Charlie. Un délice.

LE CAKE VEGAN DE CHARLIE AUX OLIVES NOIRES

Préparation 20 minutes, cuisson 45 minutes

  • 200 grammes de farine T45
  • 3 cuillères à soupe de farine de pois chiche
  • 20 cl de crème d’avoine
  • 25 cl de crème de soja
  • 4 grammes de bicarbonate de soude
  • 60 grammes d’huile d’olive
  • 100 grammes d’olives noires dénoyautées type Kalamata

-Préchauffer le four à 180°

-Mélanger la farine de blé, la farine de pois chiche, le sel et le bicarbonate de soude dans un saladier.

-Ajouter l’huile d’olive puis la crème d’avoine et celle de soja.

-Incorporer les olives dénoyautées. Poivrer.

-Bien mélanger pour créer une pâte homogène. Verser dans un moule à cake et cuire pendant 45 minutes.

Servir encore tiède, avec une salade de mesclun assaisonnée à l’huile de noisettes grillées.

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Happy Souls Garden, des meubles de jardin qui rendent heureux

Jean-Marc Herzel et Charlie Tribollet sont des âmes heureuses. De leur désir d’entreprendre à deux, sont nés des meubles d’extérieur en bois qui associent modularité, up-cycling, fabrication locale et économie solidaire. C’est le début de l’aventure Happy Souls Garden.

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Tous deux se sont rencontrés sur les bancs de la Kedge Design School à Toulon. Lui est ingénieur commercial et elle designer. Dès le départ ils souhaitent insuffler à leur entreprise les valeurs qui les guident. Ils aiment chiner et récupérer des objets qu’ils transforment. Ils sont dans une économie du peu, mais du mieux et s’entourent d’objets utiles et ayant du sens. Ils privilégient les matériaux naturels et les formes simples et intemporelles. Ils vivent entourés par la nature et ne marquent pas de frontière nette entre la maison et le jardin.

hsg2Ils expérimentent avec des palettes en bois, cet emballage industriel devenu incontournable, qui présente l’avantage d’être recyclable et réutilisable. L’aspect leur plait, mais les matériaux sont trop pauvres et ils se mettent à la recherche de fournisseurs locaux. Le bois provient du var et le métal vient d’Europe. Pour la fabrication ils s’orientent vers un atelier solidaire Hyèrois (ESAT), s’entourant des savoir faire d’ouvriers en réinsertion professionnelle.

Ainsi nait une première collection de meubles d’extérieur au style industriel, solides et entièrement modulables, qui vont meubler les jardins suspendus des Terrasses du Port à Marseille, en 2015. Pliables à plat, les sièges, tables basses, mange-debout ou jardinières se remontent en un clin d’œil, sans aucun outil. Depuis les commandes d’aménagement pour des évènements se multiplient.

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Jean-Marc et Charlie veulent maintenant pousser leurs recherches plus loin et faire évoluer les meubles vers des usages plus pérennes, développer l’aspect créatif et le confort. Charlie a fait l’acquisition d’un métier à tisser et avec la collaboration d’un autre atelier solidaire local, à La Garde, spécialisé lui dans le textile, elle récupère des bandes d’étoffes dont elle fait des coussins et tapis.

Enfin, pour boucler la boucle, les deux jeunes créateurs s’interrogent sur le recyclage de leurs objets et se sont mis à la recherche de filières qui pourraient trouver une nouvelle vie à certains de leurs meubles une fois usagés. L’idée germe de les transformer pour les faire renaitre dans des usages collectifs, tournés vers l’écologie, le jardinage partagé ou même l’habitat de secours pour les plus démunis. Un duo de  makers à suivre dans leur jardin rêvé avec les pieds bien ancrés sur terre.

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The Artisans dans la presse

Elle 3 Mars 2017

Dans les carnets du designer Antoine Boudin

Couchés à l’encre et au crayon de couleur dans des cahiers, invariablement de la marque Moleskine, les croquis d’Antoine Boudin racontent l’histoire de sa recherche. Il a bien voulu partager avec nous ses dessins détaillés et précis, qui présentent une première intention toujours très aboutie.

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Suspension – Dessin Antoine Boudin
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Chaise en canne de Provence – Dessin Antoine Boudin
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Chaise – Dessin Antoine Boudin
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Fauteuil – Dessin Antoine Boudin

 

 

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Antoine Boudin, designer/trimardeur: créer son propre langage

C’est sur les hauteurs de Hyères, au cœur du Parc Saint Bernard, dans l’ancienne maison de jardinier de Charles et Marie-Laure de Noailles, que nous rencontrons Antoine Boudin. Un lieu de travail qui sied parfaitement au designer, lauréat en 2009 du grand prix du jury décerné par la Villa Noailles pour son festival Design Parade. Un cadre parfait, abrité par une épaisse végétation qui surplombe la ville et offre une vue à couper le souffle sur les marais salants et la plage de l’Almanarre.

ab11Une forme de retour aux sources, pour ce provençal, qui après des études à Paris et un diplôme de Designer Industriel de l’Ecole Cantonale d’Art de Lausanne, a poursuivi une carrière auprès d’Alexander Taylor à Londres et de François Azambourg, à Paris. Antoine Boudin a ressenti la nécessité d’élaborer son propre vocabulaire, de créer son langage personnel, un peu comme ces trimardeurs, auxquels il s’identifie volontiers, qui communiquaient dans une langue connue d’eux seuls. Ses créations égrènent des noms provençaux : Envela, Lunado, Eliou

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La Provence est le territoire familier dans lequel Antoine Boudin ancre son travail. Il en explore pas à pas les matériaux et savoir faire artisanaux pour créer sa propre cartographie. Elle passe par une exploration scrupuleuse de la nature et des matières premières qu’elle peut lui fournir.

La canne de Provence tout d’abord. Cette graminée géante qui rythme les paysages marécageux et est utilisée dans le Var pour fabriquer les anches des instruments à vent. Elle lui inspire des luminaires délicats et aériens. C’est Eliou, une suspension conçue comme un mobile, sorte de flambeau flottant épuré à l’extrême, exposée au Palais de Tokyo. Une série réalisée pour Petit h, les objets ludiques Pitchoun h et la lampe de table Galo en canne et cuir.

Le bois d’agave, présent dans les jardins bordant son atelier lui donne l’idée d’une chaise, adoptant la courbure naturelle du bois, Envela ainsi que d’une lampe, Lunado.

ab6Des boules de pétanque cloutées traditionnelles en Provence, il s’inspire pour créer le plateau de la table Petanco.

Reste le liège, qu’il a exploré brièvement pour créer une scénographie sur Design Parade il y a quelques années.

Antoine lance comme une boutade qu’il ne passera à autre chose que lorsqu’il aura épuisé le potentiel de sa région. Il nous montre une planche de terre encore fraiche, façonnée dans un atelier de Salernes avec lequel il compte travailler sur un projet d’hôtel à l’Ayguade.

ab8Pour lui, se lancer à la rencontre de ces matériaux et des artisans qui les façonnent semble faciliter le processus créatif. Il aime se heurter aux contraintes techniques qui l’obligent à penser autrement et parle même de la « magie du cahier des charges ». On sent bien qu’il aime sortir de sa zone de confort pour libérer le processus, en toute humilité.

Sa passion pour la voile et la glisse, pour des objets flirtant avec l’architecture, qui sont éprouvés par les éléments, se retrouve dans cette exigence. Il nous dévoile la réalisation dont il nous dit être le plus fier. Quieu Bagna II, Un dinghy qui utilise pleinement le potentiel technique de la canne qui compose sa coque. Elle assure une flottabilité exceptionnelle au navire pour un poids extrêmement réduit. Une victoire de la mauvaise herbe, sur les matériaux composites modernes.

L’utilisateur final reste en permanence sa préoccupation principale. Une éthique de travail qu’il souhaite transmettre aux étudiants qu’il forme à l’École Supérieure d’Art de Toulon Provence Méditerranée. Les rendre autonomes, faire émerger des passions et pousser ses étudiants à créer leur propre langage, sont ce qui le motive.

Entrainer d’autres « trimardeurs », sur le chemin de vie, parfois tortueux qu’est celui de la création. Aller à la rencontre des autres et continuer ce voyage initiatique, en Provence ou ailleurs. Heureux qui comme Ulysse….

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Objet du désir : suspension Rainy Day

Quand le mot suspension prend tout son sens. Le luminaire Rainy Day, création sur mesure de la designer Sylvie Maréchal, fondatrice du studio Beau et Bien, fait rentrer la lumière en lévitation.

Un tour de passe passe digne du fameux petit brun balafré à lunettes rondes, qui nous embarque dans une féerie lumineuse et nous laisse béats, comme des gamins.

C’est dans l’entrée feutrée de La Fabrique Générale (Un nouveau lieu que nous évoquerons prochainement) que la magie nous a saisies. Le mélange de ces petits tubes lumineux en porcelaine banche et dorés se reflète au plafond sur un disque miroir, pour une jolie mise en abime qui incite à la rêverie. Comme un jour de pluie.

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Suspension Rainy Day, sur mesure détails et devis sur demande auprès de Beau et Bien

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La Contrie: un sac juste pour soi

Edwina de Charette est une femme déterminée. L’obsession de la tendance l’ennuie et les efforts de ses contemporains pour paraître cool la lassent. On est cool ou on ne l’est pas; et Edwina l’est définitivement, d’une façon qui n’appartient qu’à elle. Alors lorsqu’elle se met il y a sept ans à la recherche d’un sac, beau, bien fait qui traverserait les années sans jamais se démoder, elle se sent un peu frustrée.

Bien sur, les sacs Hermès sont la quintessence du luxe intemporel, mais à part le très exclusif sellier de la rue saint Honoré, toutes les marques se sont lancées dans une course effrénée pour créer le IT bag. Celui que l’on n’aimera qu’une saison, lassées de l’avoir vu partout.

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Edwina se met à la recherche d’un maroquinier avec lequel elle réalisera ce sac qu’elle veut, rien que pour elle. Elle se pique au jeu, tombe amoureuse de la matière, apprend les bases du métier avec l’artisan et réalise que son désir de sur mesure est dans l’air du temps. C’est la naissance de son atelier de maroquinerie, La Contrie. Elle veut y créer des sacs qui ne vieilliront pas, mais se patinerons en gardant leur forme et leur modernité, grâce à des lignes simples et à une qualité sans concession.

Elle puise dans ses souvenirs pour exhumer des formes familières de sacs utilitaires et les transformer pour la ville. La gibecière devient le Rohan, le porte document, le Marengo, le sac photo, le Sourdière, la boite à objectifs, le Carrousel. Au total neuf formes de base que l’on peut modeler selon ses désirs de matières, couleurs de peaux et de fils, finitions, taille des poignées et des bandoulières, marquage à chaud…une sorte de demi mesure appliquée à la maroquinerie.

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la-contrie9Les fournisseurs tous français sont triés sur le volet. Les peaux sont toutes d’une qualité exceptionnelle et l’atelier les choisit tannées végétalement lorsque cela est possible. La palette des couleurs et les textures des cuirs stockés dans l’atelier vont du taurillon du beige tourterelle le plus subtil, au croco violet le plus intense. Les doublures en chèvre, plutôt qu’en toile viennent apporter des contrastes surprenants ou au contraire calmer une couleur extérieure flamboyante.

Dans l’atelier de la rue de la Sourdière, trois artisans et une apprentie œuvrent dans un silence à peine rompu par les grincements du parquet. Chaque artisan réalise intégralement la pièce dont il a la charge. Le placement du patron sur les cuirs est précis. L’œil recherche les défauts éventuels dans les peaux pour les exclure. On ne prend que le meilleur de la matière. Les coutures intégralement réalisées à la main signent le travail de chacun. On observe la réalisation d’une mortaise dans une peau de taurillon bleu marine profond et celle d’un filet double pour la création d’un porte carte doublé de chèvre bleu pâle. La lenteur et la minutie des gestes. L’atelier ne travaille sur les grosses pièces qu’à la commande. Il faut compter entre trois et quatre mois de délais pour un sac et un budget qui commence aux alentours de 2.000 Euros.

Une grande variété de petite maroquinerie a été développée en complément, réalisée selon les même standards, mais plus accessible. Edwina a par ailleurs développé une gamme lacée de cordons colorés, construite autour du modèle Rohan. De mini gibecières plus sport, qui sont aussi distribuées, entre autres chez Colette. Pour la première fois Edwina va développer sa propre gamme de couleurs avec un tanneur français. Un bordeaux, un gris et un noir qu’elle a voulu «  très naturel, pas plastique ».

Elle lance aussi quelques collaborations triées sur le volet, avec les Cires Trudon et la marque Off-White, qui donnent une nouvelle visibilité au travail de l’atelier et de nouvelles pistes de recherche. Une manière de s’ouvrir à de nouveaux développements sans compromettre son éthique de travail, pour cette belle marque artisanale qui s’autofinance depuis ses débuts en 2011.

La Contrie – Atelier/boutique

9-11 Rue de la Sourdière Paris 1er
10h-19h du lundi au vendredi. Ouvert le samedi sur rendez-vous

Tel 33 1 49 27 06 44 – http://www.lacontrie.com

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Laura Punto, bottière : these shoes are made for walking

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Nous avons rencontré Laura Punto à Barbès, alors qu’elle mettait au point les prototypes des vertigineux souliers du prochain défilé de Xuly-Bët à New-York. Cette rencontre avait pris place dans l’atelier Maurice Arnoult, ou Laura se forme au métier de bottier depuis cinq années.

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Cet atelier exceptionnel, situé dans la Goutte d’Or, a vu le jour à Belleville sous l’impulsion du bottier Maurice Arnoult, qui dès les années 90 avait naturellement commencé à transmettre bénévolement son savoir faire à une poignée d’élèves. Au décès de Maurice Arnoult l’association a été transférée dans cet autre quartier populaire, haut lieu de la création textile et sa direction reprise par le Maître bottier Michel Boudoux.

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L’atelier qui compte aujourd’hui outre Laura, treize élèves, attire des personnes aux profils très variés tous motivés par une envie : maîtriser les fondamentaux nécessaires à la création d’une chaussure pour femmes. L’atelier Maurice Arnoult est à sa création le seul atelier de formation entièrement dédié à la chaussure féminine qui forme des femmes aux métiers de la chaussure.

Laura est arrivée en France, ses diplômes d’anthropologue visuel et de design en poche, avec l’envie de travailler en agence de design. Frustrée par une ambiance de travail étriquée par l’esprit de compétition exacerbé qui règne dans l’agence où elle exerce, elle découvre à Belleville l’atmosphère bienveillante de l’atelier de Maurice Arnoult. A l’opposé des designers, auprès desquels elle débute, avares de leurs savoirs, elle découvre chez le maître bottier et ses élèves, une communauté fondée sur la transmission. L’objet chaussure l’attire immédiatement, mais lorsqu’on discute avec Laura on s’aperçoit que c’est plus la rencontre avec ces maîtres qui se dédient à passer le flambeau à une nouvelle génération qui l’a conquise.

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Le travail qu’elle découvre auprès de Michel Boudoux, qui a chaussé les plus grandes élégantes anonymes ou célèbres dans sa boutique de l’Avenue Montaigne pendant plus de quarante ans, est une permanente recherche de l’impossible. Laura dit se mettre avec lui dans les conditions d’une véritable chasse au trésor qui repousse les limites esthétiques et techniques.

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Les souliers pour elle doivent se construire comme des rêves. On fantasme un plissé bijou, une broderie fabuleuse, « On se dit que cela va être impossible à réaliser et on repousse ses limites, ou on se lance à la recherche de l’artisan qui pourra nous permettre de réaliser ce rêve ». Pour la marque Xuly-Bët, Laura a réalisé des mules hyper compensées avec des plateaux impressionnants, qui lui font dire en riant : « Ce sont des chaussures sur lesquelles on adopte cette démarche « je tombe? je tombe pas? » qui appelle le bras de l’autre. C’est un jeu. » Pour elle le discours esthétique doit toujours se faire dans le respect de la personne de la femme et de la vie qu’elle mène dans ses souliers. Une attitude engagée, qui correspond bien à l’esprit de l’atelier qui l’a formée, tourné vers le partage et l’ouverture.

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Laura s’est associée à Philippe Atienza, qu’elle a rencontré au cours de sa formation. Elle réalise dans l’atelier qu’ils ont ouvert ensemble avenue Daumesnil tous les souliers féminins. Auprès de ce maître bottier, qu’elle décrit comme un passionné dédié corps et âme à son travail, elle raffine son approche, teste de nouvelles choses, lance des idées qu’il rend réalisables. Elle poursuit son engagement au sein de l’atelier Maurice Arnoult, car pour elle désormais, transmettre à son tour et partager cette envie de repousser les limites avec d’autres est devenu essentiel.

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ATELIER MAURICE ARNOULT
8, Rue des Gardes 75018 Paris
maurice.arnoult@voila.fr

ATELIER PHILIPPE ATIENZA
53, Avenue Daumesnil 75012 Paris

Chiharu Shiota, where are we going?

Les installations réalisées par Chiharu Shiota pour le Bon Marché vous laissent oscillant entre deux impressions. D’un côté flottant en apesanteur sur de frêles esquifs à peine esquissés, en suspension dans les airs et de l’autre pris dans la toile, retenu par une invisible arachnide, en proie à une vague angoisse.

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L’artiste native d’Osaka tisse un fin fil de laine écru en un geste précis et régulier. Elle occupe l’espace, dessinant des droites et des lignes brisées, dont la géométrie parfaite et la densité créent à la fois une impression de légèreté et un sentiment d’oppression. Elle prépare à peine en atelier ses réalisations, on en veut pour preuve ces quelques maquettes, seules traces des épreuves réalisées par l’artiste, avant de se lancer dans l’immense espace laissé libre sous la nef du grand magasin et dans se vitrines.

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Elle induit de façon très subtile un questionnement sur nos destinations et nos destinées. Où nous mène ce fil de la vie ? Le lieu d’arrivée est elle si important ? N’est-ce pas le voyage qui en fait tout l’intérêt ? Un questionnement intense qu’il est intéressant de voir posé dans un lieu dédié au plaisir et à la consommation. Une façon subtile pour l’artiste de faire rentrer l’art dans des préoccupations plus prosaïques et dans la vie quotidienne de ces visiteurs.

L’exposition a lieu jusqu’au 18 Février. Des visites commentées sont proposées tous les samedis du 14 Janvier au 18 Février à 10h et 11h. Réservations au 01 44 39 81 81. Des ateliers gratuits sont proposés aux enfants de 6 à 11 ans tous les samedi de 14 à 16h, sur réservation au même numéro.

Chiharu Shiota / Where are we going ?

Le Bon Marché

24, Rue de Sèvres 75007 Paris

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Edito #3 Un et multiple

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En ce début d’une nouvelle année, The Artisans fête ses quatre mois d’existence. Alors que nous ne sommes qu’au début de notre histoire, nous voulions vous remercier pour le chemin parcouru pendant ces quatre mois. Les personnes fabuleuses que nous avons croisées, nourrissent notre envie de découverte et les nombreux encouragements que nous avons reçus nous incitent à pousser plus loin notre cheminement.

Lors du lancement de The Artisans à la Villa Rose, Julie Berranger à présenté une série de portraits inspirés par nos rencontres avec des artisans.

Elle nous livre sa vision de ces femmes et hommes. Les extrayant de leurs ateliers, elle les photographie en studio, simplement équipés d’un outil emblématique de leur art, choisi par eux.

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Loin de devenir anecdotique, ou décalé, cet outil prend tout son sens, sorti de son contexte, devenant un véritable attribut, un prolongement d’une partie de leur personne.

Voile après voile, jouant de la transparence, elle effleure une à une les différentes facettes de chacun, figurant les personnalités multiples, de ces faiseurs aux nombreuses vies.

Leur mouvement décomposé, syncopé, fige en un moment suspendu un geste nouveau, inventé de toutes pièces par la photographe, symbolisant leur multiplicité et les transformant en des sortes d’avatars d’une déité hindoue.

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Il est encore temps pour nous de vous souhaiter une très belle année riche de rencontres, de sérénité, de force et d’envies à concrétiser. Une année pour explorer de nouvelles pistes, tenter de nouvelles expériences et d’unir en un, nos multiples.

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